Il est peut-être déjà tard.
Tu révises dans un amphithéâtre, une salle de TD, une salle de travail, dans les jardins de la faculté ou quelque part dans les couloirs du campus social ou même dans ta chambre en profitant du calme temporaire de celle-ci.
Minuit approche. Les amphithéâtres vont bientôt fermer.
Certains vont rentrer. D’autres chercheront encore un endroit éclairé pour continuer à relire leurs cours. Parce qu’en période d’examens, chaque heure semble compter.
Et puis, il y a les fameux « 100 pas ».
Tu te lèves. Tu marches en récitant. Tu t’arrêtes pour vérifier une notion. Tu recommences. Parfois, un camarade t’interroge. Parfois, une courte discussion permet enfin de comprendre ce qu’une longue lecture n’avait pas réussi à éclaircir.
Tous les étudiants géographes connaissent ces moments.
Aujourd’hui, tu travailles peut-être sur les géodynamiques externes. Ensuite viendront la biogéographie, la cartographie et les SIG, l’environnement et les risques naturels, la collecte de données ou une autre matière de Licence 1, Licence 2 ou Licence 3.
Les cours s’accumulent. Les notions se mélangent. Et une question finit forcément par apparaître :
Est-ce que je suis vraiment prêt ?
En géographie, connaître le cours ne suffit pas toujours
Les examens ne demandent pas uniquement de réciter une définition ou de reproduire un paragraphe du polycopié.
Certaines questions sont complexes.
Il faut analyser, comparer, expliquer, mobiliser plusieurs chapitres et construire un raisonnement cohérent.
Tu peux avoir bien révisé et être surpris par la formulation du sujet. Cela ne signifie pas que tu ne connais rien.
La géographie est une discipline d’analyse. Elle t’apprend à comprendre les relations entre les sociétés, les territoires et les milieux. Elle te demande de faire des liens, de changer d’échelle et de défendre une idée avec des arguments précis.
Le jour de l’épreuve, prends donc le temps de lire la question.
Est-ce qu’on te demande de décrire, d’expliquer, de comparer, d’analyser ou de discuter ?
Ces mots ne demandent pas la même réponse.
Note quelques idées au brouillon. Organise-les. Cherche un exemple pertinent. Puis commence à rédiger.
Une bonne copie n’est pas forcément la plus longue. C’est celle qui comprend le sujet et construit une réponse claire.
Ne laisse pas le stress effacer tout ton travail
À quelques jours des examens, il est normal de douter.
Tu peux avoir l’impression de ne pas avoir tout révisé. Tu peux entendre un camarade parler d’une notion oubliée et penser immédiatement qu’il est mieux préparé que toi.
Mais les autres doutent aussi.
Celui qui récite son cours avec assurance peut être déstabilisé par une question d’analyse. Celui qui dit avoir tout terminé n’a pas forcément tout compris.
Ne compare pas ta préparation à ce que les autres montrent.
Reviens à tes cours. Reprends les grandes idées. Explique-les avec tes propres mots. Entraîne-toi à faire des liens. Et je te dis une chose. Essayer d'expliquer ce que tu as appris et compris est une technique très efficace pour mémoriser et approndir ses connaissances. Sois pas timide. Trouves quelqu'un peut-être un non-géographe et enseigne le. Y a de forte chance qu'il t'écoute et discute avec toi et te pose même des questions ce qui te permet d'avancer.
Tu n’as pas besoin de connaître parfaitement chaque phrase du polycopié. Tu dois surtout savoir utiliser correctement ce que tu as compris.
Et lorsque cela est possible, repose-toi.
Les nuits blanches donnent parfois l’impression de gagner du temps. Pourtant, ton cerveau aura besoin de concentration pour comprendre les questions, retrouver les connaissances et organiser tes réponses.
Une épreuve difficile ne doit pas détruire toute ta session
Après l’examen, les discussions commencent souvent immédiatement :
— Qu’est-ce que tu as mis à la deuxième question ?
— Tu as parlé de cette roche ? De ce volcan ? Est-ce Von Thunen ou Christaller ?
— Il fallait faire combien de parties ?
En quelques minutes, tu peux passer de l’incertitude à la conviction d’avoir tout raté.
Protège-toi de ce moment.
La copie est déjà rendue. Les discussions ne la modifieront plus. Elles peuvent cependant te faire perdre l’énergie nécessaire pour préparer l’épreuve suivante.
Tu as peut-être oublié une idée. Tu as peut-être choisi un plan différent. Cela ne signifie pas automatiquement que toute ta réponse est mauvaise. Ne t'attardes pas sur la perfection.
Recentre-toi sur la suite.
Une session d’examens ne se joue pas sur une seule question.
N’oublie pas la valeur de ta discipline
Pendant les révisions, la géographie peut finir par ressembler à une longue liste de matières à valider.
Pourtant, ce que tu apprends dépasse largement les examens.
La cartographie et les SIG permettent de représenter les territoires et d’aider à la décision.
L’environnement et les risques naturels permettent de comprendre les menaces qui touchent les populations.
La collecte de données apprend à observer le terrain, interroger, vérifier et produire une information fiable.
La géographie est une discipline transversale. Elle ouvre vers l’aménagement du territoire, les SIG, la télédétection, l’environnement, les collectivités territoriales, les bureaux d’études, la recherche, les ONG, l’agriculture, les statistiques et les projets de développement. Tu as un large choix.
Les matières que tu révises aujourd’hui construisent progressivement ton regard, ta méthode et ton futur profil professionnel.
Fais confiance au géographe que tu deviens
Tu n’arrives pas à cet examen avec seulement les révisions de cette semaine.
Tu arrives avec les cours du semestre, les TD, les exposés, les discussions entre camarades, les exercices, les erreurs et les notions que tu as fini par comprendre.
Tu arrives avec les soirées passées dans les amphithéâtres, la salles de travail, les jardins et les couloirs du campus.
Tu arrives avec tous ces « 100 pas » effectués en récitant tes cours.
Tout ne ressortira peut-être pas parfaitement le jour de l’épreuve. Mais tout ce travail n’a pas disparu.
Alors, entre dans la salle avec confiance.
Lis attentivement.
Respire.
Réfléchis.
Organise tes idées. Surtout cela.
Et donne le meilleur de toi-même.
Une note compte dans ton parcours. Mais elle ne mesure ni toute ton intelligence, ni tout ton potentiel, ni tout le géographe que tu es en train de devenir.
Bon courage à tous les étudiants géographes pour les examens.
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