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Beaucoup disent que l'université n'a plus de sens. Moi, je pense qu'ils se trompent.

Les études sont un Marathon pas un sprint.

Repère de lecture

Mis à jour le 11 juillet 2026
8 min de lecture
Lecture claire et directe

Depuis quelque temps, on entend le même discours partout :

« Les études ne servent plus à rien. »
« Le diplôme n’a plus de valeur. »
« Quittez l’université. Tout s’apprend sur Internet. »

À force d’entendre ces phrases, beaucoup d’étudiants commencent à douter. Certains se demandent même s’ils ne sont pas en train de perdre plusieurs années de leur vie. Et franchement, je comprends leurs interrogations.

Le marché du travail a profondément changé. Obtenir un diplôme ne garantit plus automatiquement un emploi. Les entreprises recherchent de l’expérience, des compétences pratiques, de l’autonomie, une capacité d’adaptation et parfois même des résultats concrets avant de donner sa première chance à un jeune diplômé. Dans le même temps, Internet permet désormais d’apprendre une langue, un logiciel, un métier ou une compétence sans entrer dans une salle de classe.

Tout cela est vrai.

Mais est-ce suffisant pour conclure que l’université ne sert plus à rien ?

Je ne le pense pas.

Le problème n’est peut-être pas que l’université a perdu son sens. Le problème est que nous attendons parfois d’elle ce qu’elle n’a jamais promis.

Le diplôme n’a jamais été une promesse d’emploi

L’université n’a jamais garanti qu’un diplôme suffirait, à lui seul, à construire une carrière. Elle n’a jamais promis que trois, cinq ou huit années d’études ouvriraient automatiquement toutes les portes du marché du travail. Elle n’a jamais affirmé qu’il suffisait d’assister aux cours, de réussir les examens et d’attendre la remise du diplôme pour que l’avenir soit assuré.

Sa mission est plus large.

L’université transmet des connaissances, mais elle apprend aussi à raisonner, à chercher, à remettre une idée en question, à vérifier une information et à défendre un argument. Elle vous oblige à lire, à comparer plusieurs points de vue, à analyser un problème avant de vouloir le résoudre et à construire une réflexion personnelle plutôt que de répéter ce que les autres ont déjà dit.

Ces compétences sont parfois difficiles à reconnaître lorsqu’on est encore étudiant. Elles ne ressemblent pas toujours à un logiciel que l’on peut ajouter sur un CV ou à une tâche précise que l’on peut exécuter devant un recruteur. Pourtant, elles peuvent faire une grande différence plusieurs années plus tard.

Une personne capable de comprendre rapidement une situation, de chercher les bonnes informations, de vérifier ses sources, de rédiger clairement et de proposer une réponse cohérente possède déjà une base solide. Elle ne sait peut-être pas encore tout faire, mais elle sait apprendre, réfléchir et s’adapter.

Et dans un monde où les outils, les métiers et les compétences évoluent rapidement, cette capacité à apprendre reste précieuse.

L’université vous apprend surtout à chercher. Or, celui qui sait réellement chercher ne dépend plus uniquement de ce qu’on lui donne.

Le même diplôme ne produit pas toujours le même parcours

Deux étudiants peuvent passer exactement les mêmes années dans la même université. Ils peuvent assister aux mêmes cours, avoir les mêmes enseignants, préparer les mêmes examens et obtenir le même diplôme. Pourtant, ils peuvent sortir avec deux parcours totalement différents.

Le premier se contente de suivre les cours et de valider ses semestres. Son objectif principal est d’arriver jusqu’au diplôme. Il ne cherche pas vraiment à comprendre les métiers liés à sa filière, ne tente aucune expérience en dehors des cours et attend la fin de ses études pour commencer à réfléchir à son avenir.

Le second suit les mêmes cours, mais il utilise aussi ses années universitaires pour apprendre une langue, maîtriser un outil numérique, effectuer un stage, rejoindre une association ou travailler auprès d’une personne plus expérimentée. Il participe à des projets, rencontre des professionnels, teste plusieurs domaines et commence progressivement à comprendre ce qu’il aime et ce dans quoi il peut devenir compétent.

À la fin, les deux reçoivent peut-être le même diplôme.

Mais ils n’ont pas vécu la même université.

L’un repart principalement avec une qualification académique. L’autre repart avec cette même qualification, mais aussi avec des compétences, des expériences, des contacts et une meilleure connaissance de lui-même.

J’aime comparer cela à une salle de sport. Deux personnes peuvent payer le même abonnement pendant trois ans et obtenir des résultats complètement différents. Non pas parce qu’elles n’avaient pas accès au même matériel, mais parce qu’elles ne l’ont pas utilisé de la même manière.

À l’université, c’est souvent pareil. Les cours, les enseignants et les bibliothèques peuvent être les mêmes. Certains étudiants se contentent pourtant de valider leurs examens, tandis que d’autres utilisent ces années pour apprendre, expérimenter et construire un véritable profil.

L’université peut mettre des ressources à votre disposition. Elle ne peut pas les utiliser à votre place. Elle peut vous offrir un cadre, des connaissances, des enseignants, des bibliothèques, des laboratoires, des associations et plusieurs années pour apprendre. Mais elle ne peut pas décider à votre place de ce que vous allez faire de toutes ces possibilités.

C’est là que la différence se crée.

Défendre l’université ne signifie pas fermer les yeux

Dire que l’université a encore de la valeur ne signifie pas ignorer ses faiblesses.

Les programmes doivent évoluer. Les formations doivent être davantage connectées aux réalités professionnelles. Les stages doivent être plus accessibles et mieux intégrés aux parcours. Les partenariats avec les entreprises, les administrations, les associations et les organisations professionnelles doivent être renforcés.

Les compétences numériques, la gestion de projet, l’entrepreneuriat et les activités pratiques doivent aussi prendre une place plus importante, notamment dans les formations générales. Beaucoup d’étudiants arrivent encore en fin de licence ou en master sans connaître clairement les métiers liés à leur discipline, sans avoir effectué de stage et sans maîtriser un outil professionnel particulier.

Ce n’est pas toujours par manque de volonté. Parfois, personne ne leur a expliqué qu’ils devaient commencer à construire leur profil bien avant la fin de leurs études.

L’orientation elle-même reste souvent incomplète. Il ne suffit pas de dire à un jeune qu’il est orienté en géographie, en histoire, en sociologie, en lettres ou en philosophie. Il faut aussi lui expliquer ce que cette formation peut lui apporter, quels métiers elle peut ouvrir, quelles spécialisations existent et quelles compétences complémentaires il devrait développer.

Sur tous ces points, les critiques adressées à l’université sont légitimes.

Mais reconnaître ses limites ne signifie pas nier son utilité.

Internet, de son côté, a profondément transformé l’accès au savoir. Aujourd’hui, on peut apprendre le développement web, le graphisme, le marketing, l’analyse de données, la création de contenu ou l’entrepreneuriat depuis chez soi. C’est une avancée immense.

Mais accéder à l’information n’est pas la même chose que savoir la sélectionner, la vérifier, la comprendre et l’utiliser.

Internet contient du savoir, mais il contient aussi des erreurs, des raccourcis, des contenus superficiels et des personnes qui parlent avec assurance de sujets qu’elles maîtrisent à peine. L’université, lorsqu’elle remplit correctement sa mission, ne vous donne donc pas seulement des informations. Elle vous apprend aussi à les questionner, à vérifier les sources et à distinguer une opinion d’une connaissance construite.

L’université et Internet ne devraient pas être présentés comme deux adversaires.

Ils peuvent se compléter.

L’université peut apporter les méthodes, les connaissances fondamentales et l’esprit critique. Internet peut permettre d’apprendre plus rapidement de nouveaux outils, de découvrir des métiers et de suivre l’évolution des compétences demandées.

Le véritable avantage appartient peut-être à celui qui sait utiliser les deux.

L’université doit devenir un socle, pas une destination finale

Le diplôme n’a peut-être plus la même puissance qu’autrefois. Il ne garantit plus automatiquement un emploi et ne suffit plus toujours à distinguer un candidat. Mais cela ne signifie pas qu’il n’a plus aucune valeur.

Dans de nombreux domaines, il reste indispensable pour poursuivre des études, passer certains concours, exercer une profession ou accéder à certaines responsabilités. Il montre aussi qu’une personne a été capable de suivre un parcours, de respecter des exigences, de produire des travaux et d’aller au bout d’une formation.

Le problème commence lorsque l’étudiant considère le diplôme comme une fin en soi.

Aujourd’hui, le diplôme doit être accompagné de compétences, d’expériences, de projets, d’un réseau et d’une capacité à continuer d’apprendre. Il doit s’inscrire dans un profil cohérent.

Prenons un exemple simple.

Deux étudiants peuvent obtenir le même diplôme en géographie. Le premier connaît ses cours et maîtrise les notions de sa discipline. Le second possède les mêmes connaissances, mais il a aussi appris à utiliser QGIS, à analyser des données, à mener une enquête de terrain, à rédiger un rapport professionnel et à gérer un projet.

Ils ont peut-être le même diplôme, mais leurs profils ne racontent pas la même histoire.

La même logique s’applique ailleurs. Un étudiant en lettres peut compléter son parcours par la communication, la rédaction web, l’édition ou la création de contenu. Un étudiant en sociologie peut développer des compétences en enquêtes, en analyse de données, en études de marché ou en évaluation de projets. Un étudiant en histoire peut s’orienter vers les archives, le patrimoine, l’enseignement, la médiation culturelle ou la production documentaire.

L’objectif n’est pas d’accumuler des dizaines de certificats sans cohérence ni de courir derrière toutes les formations disponibles sur Internet. Il ne s’agit pas de tout apprendre.

Il s’agit de construire un profil.

Au fond, la vraie question n’est peut-être pas de savoir si l’université a encore un sens. Il faut plutôt redéfinir la place qu’elle doit occuper dans le parcours d’un étudiant.

Aujourd’hui, l’université ne peut plus être l’unique lieu où l’on se forme. Le monde évolue trop vite, les métiers changent et de nouveaux outils apparaissent constamment. Elle doit devenir le socle sur lequel chaque étudiant construit son propre parcours.

Les cours apportent les connaissances et les méthodes. À chacun d’y ajouter les compétences, les expériences et les projets qui feront la différence.

Alors, posez-vous une question simple :

Est-ce que j’attends seulement que l’université me remette un diplôme, ou suis-je réellement en train d’utiliser ces années pour construire mon avenir ?

L’université n’est pas parfaite. Elle doit évoluer, mieux accompagner les étudiants et mieux intégrer les réalités professionnelles.

Mais elle n’est pas inutile.

Elle peut vous apprendre à chercher, à comprendre, à raisonner et à construire une réflexion. À vous d’y ajouter la pratique, l’expérience, les outils et les projets.

Le diplôme n’est plus la ligne d’arrivée. Il est devenu la ligne de départ.

Alors oui, allez à l’université.

Mais ne vous arrêtez pas à l’université.

Photo de deux étudiants entrain de discuter

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